Les Victimes des LOVERBOYS

Les Victimes des "Loverboys"

Nous avons actuellement des  jeunes mineurs ,qui sont VICTIMES de Loverboys et Lovergirls...

A vous,Parents & Intervenants de l’aide sociale à l’enfance( ASE),je vous demande d’être très vigilant,concernant les comportements des jeunes dont vous avez la responsabilité.

Un cas parmi tant d’autres,réccurent,d’une jeune fille placée,dans un foyer de l’ASE,a été repérée,est tombée amoureuse d’un loverboys de 25 ans,d'origine étrangère.

Nous avons  actuellement  de jeunes filles mineurs,qui ont étés manipulées par des Loverboys,elles sont  dans des pays autre que la France ( Réseau de Prostitution ) 

Les enquêtes  suivent  leurs cours.

Pour comprendre cette traite d’êtres humains parmi tant d’autres..

Faites vos recherches sur internet...INFORMEZ VOUS ET RESTEZ VIGILANT( E)

Malheureusement, chez nous en France,ces methodes sournoises sont déjà en cours

Tous les jours ,nous rencontrons des cas ,dont le schéma est similaire...

Ouvrez bien vos yeux et restez solidaire,en famille,et ou entre intervenants sociaux..

Les ennemis des familles vous guettent au moins faux pas.

Leurs techniques sont très sounoises et insidieuses,prenez garde ..que les Loups ne viennent pas manger vos petits chaperons rouges..

 

Voiçi un article à lire sur le sujet : 

XANDRA, VICTIME D'UN LOVERBOY AUX PAYS-BAS: “ILS ME VIOLAIENT PAR GROUPE DE HUIT”

 
 
 

Xandra*, Hollandaise de 26 ans, est tombée amoureuse d’un garçon rencontré sur les réseaux sociaux, à 19 ans. Sous l’influence de ce dernier, elle commence à se droguer et à se prostituer trois mois plus tard. Victime de ce que l’on nomme un “loverboy”, Xandra décrit ce fléau répandu aux Pays-Bas et comment elle a réussi à s’en sortir. La jeune femme, qui vit à Utrecht, fait désormais le tour des écoles pour sensibiliser les jeunes Hollandaises à ce phénomène.    

“À l’époque, j’avais 19 ans, une famille normale, très protectrice. Aux Pays-Bas, on imagine que les filles qui tombent là-dedans viennent de familles brisées mais ce n’est pas le cas. Je multipliais les partenaires sexuels, persuadée que je n’étais bonne qu’à ça. Avec le recul, j’étais sûrement une bonne proie pour un loverboy (Ndlr: Les loverboys sont des hommes à peine plus âgés que leurs victimes qui attirent des jeunes filles vulnérables dans leurs filets. Souvent, ils agissent pour le compte de proxénètes plus âgés et se servent de la drogue pour renforcer la dépendance de leurs victimes.). J’ai rencontré Julian* sur les réseaux sociaux et je suis vite tombée amoureuse. Il consommait régulièrement de l’ecstasy. À force d’entendre parler de ses soirées entre amis, j’ai voulu essayer. Il m’a emmenée dans une maison de banlieue où plein de gens consommaient de la drogue. Le dealer était un homme plus âgé. Tout le monde le surnommait “papa”, moi je l’appelais “le vieux”. Nous sommes souvent retournés le voir. Le plan de Julian* s’est déroulé sous mes yeux, sans que je ne m’en rende compte.

“J’ai été vendue 200 euros” 

Un soir, “le vieux”, au courant pour mes problèmes financiers, m’a proposé de coucher la prochaine fois avec lui contre une somme d’argent. Mon copain ne semblait pas étonné. J’étais droguée alors j’ai accepté. Julian* m’a demandé plusieurs fois si j’étais sûre, pour me faire croire que j’étais à l’origine de l’idée. Mais, à notre arrivée devant la porte du dealer, j’ai changé d’avis. Il a sonné comme s’il ne m’avait pas entendue. Dans la chambre avec “le vieux”, je me suis évanouie. Il n’était pas content mais il a dit que la prochaine fois, ce serait mieux. C’est là que j’aurais dû tout arrêter. Mais j’étais perdue, alors j’ai accepté de recommencer.

“Le vieux” me torturait régulièrement. Il m’entraînait à ne plus ressentir la douleur en tailladant mes mains et mes pieds. Il me demandait: “Est-ce que tu souffres?” Évidemment, je répondais que oui. Mais il n’arrêtait pas. Un  jour, j’ai compris ce qu’il cherchait. J’ai dit que je n’avais pas mal et il a arrêté. Crack, héroïne et ecstasy m’aidaient à tenir bon. Dans les étages de la maison, j’ai souvent croisé d’autres femmes. Au lieu de nous soutenir, nous étions en concurrence les unes avec les autres.

“J’ai fait un tour sur moi-même, ils m’ont observée et j’ai été renvoyée dans ma chambre. Je venais d’être vendue pour 200 euros.”

Je ne rentrais quasiment plus chez mes parents. Mes amis ne comprenaient plus ma vie. Je les ai quasiment tous perdus à cette époque. L’école menaçait de sévir si je ne revenais pas en cours. Je me suis confiée à l’administration qui m’a expliqué que mon comportement n’était pas celui d’une étudiante. Le jour même, j’étais exclue. Après ça, j’ai décidé de ne plus jamais parler et j’ai perdu tout contact avec le monde extérieur.

Quelques semaines plus tard, “le vieux” m’a présentée à son petit neveu. J’ai fait un tour sur moi-même, ils m’ont observée et j’ai été renvoyée dans ma chambre. Je venais d’être vendue pour 200 euros. C’est très étrange mais j’étais vexée qu’il m’abandonne comme ça. J’avais noué une relation de dépendance très forte avec mon bourreau.

“Ils me violaient par groupe de huit”  

J’ai réclamé un toit à mon nouveau propriétaire, qui opérait pour un réseau de prostitution encore plus important. Chaque nuit, j’étais balancée d’une maison à une autre. Les trafiquants me violaient par groupe de huit et m’attachaient toute la nuit à un radiateur, avec une laisse de chien. Je me répétais que si je ne partais pas, j’allais mourir. J’ai profité d’un moment où mes surveillants étaient moins nombreux pour m’enfuir. Dans le tramway, mon visage était en sang mais tout le monde détournait le regard.

Je me suis retrouvée à la rue pendant deux semaines. Pour survivre, je me suis prostituée sur un trottoir que je partageais avec d’autres femmes. Un soir, ma meilleure amie, que je n’avais pas vue depuis longtemps, m’a appelée pour me parler de sa rupture. Je me suis réfugiée chez elle. Je pensais que j’irais mieux mais, sans drogue et dans ce nouvel environnement, mon état n’a fait qu’empirer. Après plusieurs tentatives de suicide, mon amie a tout raconté à mes parents et leur a donné mon adresse. J’étais furieuse mais ça m’a sauvée. Ils m’ont suppliée de revenir à la maison. J’ai accepté.

“M’interner, c’était la seule solution pour mes parents. Les hommes n’étaient plus là mais j’étais toujours ce monstre qu’ils avaient fabriqué.”

Les jours passaient et ma dépression s’intensifiait. M’interner, c’était la seule solution pour mes parents. Les hommes n’étaient plus là mais j’étais toujours ce monstre qu’ils avaient fabriqué. À l’hôpital psychiatrique, j’ai vécu un enfer aussi. Pendant mes crises de nerfs, des hommes en blouse blanche m’attrapaient, me jetaient sur le lit, arrachaient mes vêtements et m’injectaient des tranquillisants. Ça me rappelait toutes les fois où j’avais été violée, et ça me plongeait encore plus dans des états d’hystérie. De nombreuses victimes retournent dans les bras de leur loverboy à ce moment-là d’ailleurs.

À ce stade, ma mère se documentait énormément sur le sujet. Elle est tombée sur le livre racontant l’histoire d’Anita de Wit, la mère d’une victime de loverboy. En 2007, cette dernière a créé La Maison des Papillons, un refuge pour ces jeunes femmes, et ma mère lui a demandé de m’accueillir. Chez Anita, j’allais à mon rythme car elle ne m’imposait pas de règles. Les premières nuits, je venais la réveiller pour parler pendant des heures. Au lever du jour, je retournais me coucher. Après deux ans de cohabitation, je me prépare à quitter la Maison des Papillons pour vivre dans mon propre appartement. Je vais y aller par étape. Une nuit, puis deux et ensuite, on verra.”

Propos recueillis par Auriane Guerithault et Laura Taouchanov.

* Les prénoms ont été modifiés. 

Source : http://cheekmagazine.fr/societe/temoignage-victime-loverboy-pays-bas/

 

La plus jeune avait 13 ans

Lille : Les enquêteurs font tomber un réseau de prostitution sur Internet, la plus jeune avait 13 ans

http://lavdn.lavoixdunord.fr/508495/article/2018-12-17/la-surete-fait-tomber-un-reseau-de-prostitution-sur-internet

On les appelle les "loverboys". Jusqu'ici, le mécanisme était connu aux Pays-Bas et en Allemagne.

Ce phénomène s'installe en France

PROSTITUTION - Les mineurs filles ou garçons victimes de la prostitution sont de plus en plus nombreux. Ils représentaient 15% des victimes en 2017. C’est ce qui ressort du dernier rapport de la Fondation Scelles, un observatoire mondial de la prostitution, rendu public mardi 4 juin.

Le rapport précise: “La même année, la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) a enquêté sur 90 dossiers de “prostitution volontaire”, représentant 150 victimes mineures”. En comparaison, en 2014, les dossiers ne concernaient que 20 victimes mineures.

Une nouvelle forme d’exploitation

 

Cet observatoire international a noté l’émergence tout à fait récente en France d’une nouvelle forme d’exploitation: les “loverboys”, qui s’inscrit dans la traite des filles mineures.

Le phénomène a d’abord été repéré aux Pays-Bas, et s’est installé en Allemagne. Aujourd’hui, il s’ancre en France. Les “loverboys” sont des hommes jeunes, la vingtaine  en général. Ils séduisent des filles encore plus jeunes, généralement mineures. Ils créent l’illusion d’une histoire d’amour. Ils fixent une situation de dépendance affective et financière. Et finissent par les prostituer. Cette phase s’accompagne souvent de violences physiques. 

À la sortie du collège

“Plusieurs affaires de ce type ont été jugées en 2017 et 2018, rappelle le rapport. On peut citer le procès, particulièrement exemplaire, qui s’est tenu à Paris en mai 2018 ( 1): 12 jeunes hommes, âgés d’à peine 20 ans, étaient accusés d’avoir prostitué 14 jeunes filles, dont 8 mineures. Les victimes étaient recrutées via les réseaux sociaux (Instagram en particulier) ou à la sortie du collège ou du lycée.”

“On leur promettait de gagner très vite beaucoup d’argent. Les jeunes filles étaient testées pour leurs “performances sexuelles”, photographiées en tenues légères pour des annonces en ligne, avant d’être prostituées dans des hôtels ou des appartements via Airbnb. Les proxénètes leur fournissaient un téléphone portable et des préservatifs et se tenaient aux abords de la chambre pour récupérer le montant de la passe.”

Fort développement des proxénètes de cité

Le phénomène est connu en France, mais il s’accentue fortement. On est passé de 21 affaires en 2015 à 84 en 2017, d’après le rapport de la Fondation Scelles. Les méthodes de ces proxénètes sont assez identiques à celles des “loverboys”. Cette forme de prostitution ( 2) concernerait 14% des victimes identifiées en France. “Victimes qui ont toutes le même profil : des jeunes filles souvent mineures, en fugue ou en rébellion contre leurs parents.”

Dans le rapport, Yves Charpenel, président de la Fondation Scelles et Premier Avocat général à la Cour de cassation, souligne: “La prostitution de cité (3) est en pleine recrudescence, elle représente autour de 20% de la traite humaine en France. (...) Cela passe par Internet (4)et se déroule à l’abri des regards. Les filles sont prostituées dans des appartements, des chambres d’hôtel. C’est aussi le règne de la terreur, de l’omerta, les victimes ne portent généralement pas plainte. Pas besoin de faire venir des “filles” d’Afrique ou d’Amérique du Sud, la matière première est sur place dans la cité, à portée de main. On est dans le franco-français.” 

Deux tiers de la prostitution sur Internet

Whatsapp, Tinder, Facebook, Instagram, Snapchat, Airbnb...: rares sont les applications, réseaux sociaux ou messageries instantanées à ne pas avoir été “détournées de leur destination à des fins de prostitution”, analyse l’AFP à la lecture de l’étude.

La “prostitution 2.0” a depuis quelques années supplanté la prostitution classique, sur la voie publique. En France, elle représenterait “deux tiers de la prostitution”, selon le rapport.

La Fondation Scelles, qui mentionne une note du ministère français de l’Intérieur datée de mai 2018, souligne que “pour la première fois en 2017, le pourcentage de victimes identifiées exerçant sur la voie publique était inférieur à celui des victimes exerçant “en prostitution logée”, en appartements ou en hôtels.

Internet a “mangé la prostitution de rue” qui ne concerne plus qu’une frange marginale, abonde Yves Charpenel. Le magistrat dénonce le niveau “industriel et sans risque” de l’exploitation sexuelle en ligne, qui permet aux proxénètes d’”éviter les risques personnels” en se tenant ”à distance du trafic”.

Source : huffingtonpost.

 

1) Procès pour proxénétisme à Paris: «Ce n’est plus de la prostitution. C’est du braconnage!», lâchent les parents d'une victime

Le procès de douze proxénètes s’est ouvert, ce lundi, à Paris.

Les victimes, très jeunes, étaient consentantes pour se prostituer.

Cela illustre un nouveau phénomène qui inquiète les autorités.

Au beau milieu d’une lecture un peu monotone, la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Paris s’arrête brusquement sur le mot « collège ». Pour elle, il est nécessaire d’insister. « Quand je dis que certains des prévenus allaient chercher cette jeune fille au "collège", cela veut bien dire qu’elle avait l’âge d’être "collégienne"… », reprend-elle.

Les douze jeunes hommes d’à peine 20 ans qui lui font face baissent alors les yeux. Comme s’ils venaient de se rendre compte qu’ils comparaissent, depuis ce lundi, pour « proxénétisme aggravé » au préjudice de quatorze jeunes filles, dont huit mineures. T-shirt tape-à-l’œil et barbe soignée, le premier à venir à la barre commence d’ailleurs par reconnaître les faits. De façon un peu maladroite. Racontant comment les adolescentes « travaillent », « bossent » ou « font des clients », il se fait reprendre un peu sèchement par la juge. « Non, on va arrêter ça. Elles ne travaillaient pas ! Elles se prostituaient ! »

« Des jeunes femmes consentantes, voire désireuses de faire ça… »
Ce n’est pas une question de vocabulaire. Plutôt l’illustration d’un phénomène de société qui inquiète de plus en plus les autorités. « Ces jeunes filles ne se considèrent pas comme des prostituées. Au départ, elles se présentent comme des "escorts", déplore Vanina Meplain, avocate de l’association Équipes d’action contre la proxénétisme (EACP), partie civile dans la procédure. Pour elles, c’est un moyen de s’acheter le dernier sac à la mode ou une paire de Louboutin. »
Avocat de l’un des prévenus, Sahand Saber ose même aller encore plus loin. « Ces jeunes femmes sont consentantes, voire désireuses de faire ça. Quand on voit que Zahia est devenue une égérie de mode après avoir fait la Une des journaux pour s’être prostituée, cela montre à quel point notre système de valeurs s’effondre… »
Les proxénètes se cachaient à proximité des chambres
Sauf qu’il s’agit bien de prostitution au final. Alpaguées via les réseaux sociaux -Instagram notamment- ou à la sortie du collège ou du lycée où on leur promet « beaucoup d’argent rapidement », les jeunes filles se retrouvent à enchaîner cinq à dix passes par jour dans des hôtels de la banlieue parisienne ou des appartements loués sur Airbnb pour l’occasion.
L’instruction a révélé un système bien rodé selon lequel les prévenus « testaient les performances sexuelles » des jeunes filles puis, les prenaient en photo en sous-vêtements avant de mettre en ligne des annonces sur les sites spécialisés tels que Vivastreet. Ils leur fournissaient un téléphone pour répondre aux appels et des préservatifs. Et allaient se cacher aux abords de la chambre afin d’être sûr de récupérer le montant de la passe.
Aux policiers, l’une des jeunes filles a raconté avoir fondu en larmes le premier soir après le troisième client. Avant d’être consolée par deux « copines » qui lui ont rappelé « l’argent facile ». Sauf qu’au fil du temps, les proxénètes se sont montrés de plus en plus gourmands. « Et les filles ont commencé à sombrer », poursuit Vanina Meplain. L’une d’entre elles s’est confiée à la mère d’une amie avant de se décider à « affronter le regard de sa propre mère » qui l’a alors envoyée au commissariat déposer plainte.
Aucune des filles ne souhaite venir témoigner
Aujourd’hui, toutes ces jeunes filles sont les grandes absentes de ce procès. Aucune d’entre elles ne souhaite témoigner pour l’instant. « Par honte mais aussi par peur des représailles », poursuite Vanina Meplain. Car si les prévenus ont été mis hors d’état de nuire, d’autres semblent avoir déjà pris le relais.
Complètement perdus dans le prétoire, les parents d’une jeune fille confiaient, en larmes, ne pas savoir comment aider leur fille aujourd’hui à s’en sortir. « Ce n’est plus de la prostitution. C’est du braconnage ! » Le procès doit se poursuivre jusqu’au 3 juillet. Les prévenus encourent une peine de dix ans de prison.
 
 

2) Dealers de femmes : le proxénétisme dans les cités, nouvelle activité florissante

“Ça rapporte bien” : le proxénétisme est devenu dans les cités chaudes la nouvelle activité florissante, après le trafic de drogues et les braquages. Des filles perdues qui rêvent d’ascension sociale se projettent en Zahia et sont récupérées par des caïds ahuris par la facilité de ce commerce pour eux égal aux autres. Enquête sur ces jeunes proxénètes et “leurs filles”.

Ryan est passé du haschich aux filles, sans états d’âme. Il y a un an, échaudé par une garde à vue, le petit dealer décide de se reconvertir :

J’en avais marre d’avoir les flics au cul. Des copains m’ont dit que la prostitution c’était moins dangereux et que ça rapportait bien.

Et même au-delà de ses espérances : à 23 ans, Ryan gagne 1 500 €/ jour grâce aux trois jeunes filles qui travaillent pour lui, à raison d’une dizaine de passes quotidiennes tarifées 100 €/demi-heure. Parmi ses recrues, Nina, rencontrée lors d’une soirée avec des copains dans un bar à striptease. Sagement assise à côté de son souteneur, dans un café en banlieue parisienne, la jeune femme de 22 ans raconte sa vie d’avant : elle a été mise à la porte par ses parents, musulmans pratiquants, quand ils ont découvert qu’elle était enceinte d’un homme aux abonnés absents.

"Je pensais qu’en tant que mère célibataire j’aurais droit à un logement et à des aides. Tu parles ! L’assistante sociale m’a dit d’appeler le 115, comme si j’étais une clocharde." Nina écume les boutiques de prêt-à-porter de Châtelet, son maigre CV sous le bras, sans jamais parvenir à décrocher un entretien d’embauche. Découragée après des mois de vaines recherches, sans un sou en poche, elle finit par échouer à Pigalle. Un soir, dans l’intimité d’une cabine privée, elle confie à Ryan, son client à la gueule d’ange, qu’elle ne s’en sort pas avec les 30 € péniblement gagnés par jour. Il lui propose de travailler pour lui, gérant la logistique et la sécurité, contre 50 % de ses revenus. Farid, la quarantaine, voyou à l’ancienne d’une cité de Seine-Saint-Denis, n’en revient pas.
Ça cartonne dans les tiéquars !
confirme-t-il, choqué de ce succès. « Pour notre génération, c’était la honte d’être un maquereau. Aujourd’hui, les petits jeunes n’ont plus de limites : ils dealent de l’héro et font tapiner leurs copines. » Une nouvelle génération de délinquants, opportunistes et avides de se faire une place au soleil. « Les réseaux de drogue sont saturés, tandis que le braquage ou l’escroquerie demandent une certaine expertise et ne sont pas à la portée de tous. Le trafic de filles reste le plus simple à organiser », analyse Jean- Marc Droguet, chef de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH). « Le proxo, c’est génial », ironise le capitaine Thomas, à la Brigade de répression du proxénétisme (BRP) : pas de « matière première » à acheter, aucun investissement de départ et, à la clé, un « bénéfice monstrueux ». Car le trafic d’être humain reste l’un des crimes les plus rentables au monde : trois milliards d’euros ont été dépensés en France en 2014 pour des actes sexuels tarifés, selon le Mouvement du Nid. De quoi susciter des vocations.
De "fille de bien" à putain
Ryan l’apprenti maquereau – dont la conscience s’arrange mieux avec le qualificatif de « protecteur » – s’investit « à fond » dans son nouveau business. De belles photos et une annonce alléchante publiées sur Viva Street*, un site où les offres de prostitution à peine masquées pullulent ; un appartement propre et discret, sous-loué à des connaissances, dont il change toutes les trois semaines pour ne pas se faire repérer. Il lui arrive aussi de travailler dans des hôtels moyen de gamme, situés dans des quartiers calmes aux portes de Paris.
Un billet glissé au vigile lui assure la tranquillité. Ryan loue toujours deux chambres : une pour la fille qui travaille, une autre où il patiente avec les deux autres, en regardant la télé et en fumant des joints.
Quand elle a fini, elle toque trois coups au mur, et je fais entrer l’équipe suivante.
Ryan s’est équipé d’un extincteur et d’une matraque télescopique, pour mater les mauvais payeurs, les violents, les « trop lents » ou les « trop bourrés ». Mais la plupart du temps, tout se passe bien : « Souvent, j’ai à peine le temps de fumer ma clope que le type a déjà fini. Quand j’y pense, ça me fait un peu bizarre. Mais après tout, c’est le plus vieux métier du monde. Et puis, au moins, je ne tape pas mes filles. » Nina opine, yeux rivés sur ses longs ongles manucurés.
A peine tique-t-elle quand son proxénète affirme que c’est de l’argent « vite gratté, les bras croisés ». D’une voix hésitante, la jeune femme oppose que, quand même, ce n’est pas si facile pour elle. Nina peine à évoquer la première passe, celle qui l’a fait basculer de « fille bien » à « putain » : « Après, j’ai mis du temps à me regarder dans la glace. Mais je me suis forcée à penser à l’argent qui rentrait. Maintenant, je vois les clients avec une tête de billet. » Quand cela ne suffit pas, Nina s’aide d’une rasade de whisky pour se donner du courage, et évite soigneusement les « jeunes Blacks et les Rebeus de banlieue », de peur de tomber sur une connaissance :
L’Ile de- France, c’est un village. Quand les mecs savent que tu fais ça, tu finis dans une cave en tournante…
La jeune femme jure qu’elle arrêtera avant ses 30 ans, le temps de s’offrir une nouvelle poitrine et de mettre sa fille de 2 ans à l’abri du besoin, loin de la cité où elle a grandi. En attendant, elle partage un appartement dans le « 93 » avec quatre filles des quartiers, âgées de 18 à 25 ans, qui se prostituent également. « C’est presque banal aujourd’hui », constate Nina, qui apprend régulièrement qu’une ancienne copine a rejoint les rangs. Des filles vivant dans les cités un peu paumées, le plus souvent en rupture familiale et scolaire, qui se laissent convaincre des bienfaits de cet argent vite gagné.
Un supermarché virtuel du sexe
Au cours du premier semestre de 2016, l’OCRTEH a traité une quarantaine de dossiers liés à du proxénétisme de banlieue. Un chiffre qui a doublé par rapport à l’année précédente, mais qui reste marginal au regard des autres affaires de prostitution. Sans minimiser ce phénomène qui s’est fait connaître depuis moins de deux ans, le commissaire Jean-Paul Mégret, chef de la BRP, reconnaît que ses équipes ont déjà fort à faire avec les réseaux chinois ou nigérians, qui brassent des millions avec une prostitution d’abattage.
D’autant qu’aux yeux de la justice, l’aspect « consenti » de cette prostitution – autant qu’elle puisse l’être – est moins grave que de la traite avec violence. Mais il y a aussi des recrutements forcés, rappelle Jean-Marc Droguet, qui cite une affaire à Marseille, fin 2015, impliquant deux mineures que des caïds destinaient à la prostitution et qui ont été séquestrées, violées en réunion et privées de nourriture pendant dix jours.
Ou le cas de Laetitia, mère célibataire de 19 ans, qui a accepté de son plein gré les services d’un certain Malik, avant de vivre l’enfer pendant deux ans. Rapidement, elle se retrouve privée de ses gains, prostituée à une cadence infernale et envoyée, les weekends, dans les vitrines du quartier rouge de Bruxelles.
C’était un être qui n’était plus que terreur et souffrance. A l’audience, elle s’est évanouie en apercevant son tortionnaire
se souvient son avocate, Anne-Charlotte Mallet, qui a obtenu sept ans de prison ferme pour Malik.
Ces petites frappes sont en train de monter en gamme et de se professionnaliser
alerte Yves Charpenel, président de la Fondation Scelles, qui estime à 500 000 €/an les revenus d’un mac de banlieue tournant avec cinq filles. Dans le rapport que l’association publie chaque année sur l’exploitation sexuelle, un chapitre sur les « réseaux de cité » a fait son apparition. Une nouvelle forme de « voyoucratie française », plutôt inédite sur le marché de la prostitution, habituellement trusté par les gangs étrangers. Un secteur encore vierge mais prometteur. Car si la prostitution de rue et en établissements est en perte de vitesse, celle sur Internet est en plein essor.
Et fait des ravages au sein de la génération 2.0. Des sites comme VivaStreet, Wannonce ou Youppie sont devenus des supermarchés virtuels du sexe, qui regorgent de petites annonces vendant les services de « filles du pays », de « filles halal » ou de « Blacks sexy ».
Trouver un riche footballeur
Pour les policiers de la BRP, ces « Loubna » et ces « Chaima » – qui se disent « escorts » et non prostituées – sont le prolongement naturel de celles qu’ils surnomment les « michetonneuses » : de jeunes Beurettes qui gravitent dans les boîtes de nuit orientales et les cafés à chichas, dans l’espoir de se faire entretenir par un footballeur ou un riche Saoudien. Sur leur profil Facebook, certaines n’hésitent pas à poster des photos d’un éventail de billets artistiquement disposés sur le lit, à côté d’un sac Chanel et de chaussures Louboutin. Comme les caïds exposent leurs armes.
Grandies à l’ombre des barres HLM, oppressées par un système profondément patriarcal, ces gamines voient dans la prostitution une forme d’indépendance. Le phénomène Zahia a fait beaucoup de mal, note une capitaine de la BRP. C’est la “pretty woman” des cités, l’héroïne de cette génération perdue pour qui tapiner est juste un ascenseur social. »
Pendant huit mois, sa fille, placée en foyer après avoir enchaîné les fugues, s’est prostituée pour le compte d’un ancien braqueur de Malakoff . C’est une copine de son quartier, toujours bien habillée, qui a lui donné son numéro en lui recommandant ses services.
Au début, c’est bizarre de le faire avec quelqu’un qu’on ne connaît pas.
chuchote Kaina, qui confie n’avoir connu que trois partenaires sexuels avant son premier client, un « Renoi dans une Fiat 500 ». La jeune fille enchaîne les passes à 150 €/ demi-heure, qu’elle dilapide en sacs à main et en sorties. De cet argent qui brûle les doigts, il ne lui reste absolument rien. Kaina est pressée de tourner la page et assure ne pas en vouloir à son souteneur, contre lequel elle refuse de porter plainte.
Elle parle de tout cela avec détachement, comme si elle n’avait toujours pas réalisé la gravité de ce qu’il lui était arrivé. Comme si, finalement, tout cela n’était qu’un jeu qui avait mal tourné.

3) Un réseau de proxénétisme dans les cités d'Ile-de-France démantelé, 7 jeunes mis en examen

Ils sont soupçonnés d'avoir recruté des jeunes filles en situation difficile pour les prostituer ensuite. Elles devaient se faire tatouer un signe distinctif pour marquer leur appartenance au réseau.

Ils ont entre 18 et 23 ans et sont déjà connus des services de police pour des faits de délinquance. Sept jeunes hommes accusés d'être à la tête d'un réseau de prostitution en Ile-de-France ont été mis en examen pour proxénétisme aggravé le 23 mai dernier, rapporte une source policière à BFMTV, confirmant une information de Franceinfo.

Recrutement par les réseaux sociaux

Ils sont soupçonnés d'avoir recruté des jeunes filles de cités franciliennes, âgées de 15 à 22 ans, via des réseaux sociaux, pour les prostituer ensuite. Les jeunes filles, déscolarisées ou en difficulté financière, tombaient dans le piège par l'appât de l'argent facile en devenant "escort girl".

En réalité, elles se retrouvaient dans un réseau de prostitution crasse dans des chambres d'hôtel en banlieue avec un climat extrême de violence. 

"Il m'a dit 'je te fais des annonces, je sais comment ça marche, je te mets à l'hôtel, toi tu reçois les clients, tu fais ce que tu as à faire avec eux et après tu prendras l'argent et tu toucheras une partie", témoigne à notre antenne Manon, petite amie de l'un des proxénètes.

Un tatouage comme signe d'appartenance

La bande, très structurée, mettait des annonces en ligne, louait les chambres, forçait les filles à se prostituer et surveillait les passes, moyennant 350 à 400 euros par jour en moyenne. Les jeunes filles du réseau devaient se faire tatouer de force un signe distinctif. 

L'enquête a été menée durant plusieurs mois par la brigade de répression du proxénétisme de la police judiciaire parisienne. Interpellés entre le 20 et le 22 mai à Paris, Savigny-sur-Orge et Lieusaint, ils ont été mis en examen jeudi dernier. Depuis, six d'entre eux ont été placés en détention provisoire. Le dernier était, lui, déjà incarcéré pour d'autres faits.

Le nombre d'affaires multiplié par 4

En décembre dernier, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dévoilait au Figaro que le nombre d'affaires de prostitution dans les cités avaient quadruplé en 2017 pour atteindre 84.

Ces réseaux attirent d'autant plus qu'ils sont plus lucratifs que le trafic de drogue, nous explique Sandrine Goldschmidt de l'association Mouvement du Nid:

"Une fois que vous avez vendu de la drogue, elle est écoulée. Malheureusement, les victimes de la prostitution sont exploitables pendant longtemps parce qu'elles sont contraintes", affirme-t-elle, avant de dénoncer "l'hypersexualisation des jeunes filles": 

"L'hypersexualisation des jeunes filles dans la publicité, dans les films, la glamourisation de la prostitution avec un parcours comme Zahia... On laisse entendre que, après tout, vendre son corps ce ne serait pas différent d'autre chose", regrette-t-elle.

La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault avait également tiré la sonnette d'alarme dans les colonnes du Parisien, dans une tribune où elle déclarait que ces réseaux progressaient à cause "d'une avidité pour l'argent et d'une banalisation à l'extrême de l'acte sexuel exacerbée par l'explosion de la pornographie."

4) Le proxénétisme en plein essor dans les cités

 

Dans les quartiers, le proxénétisme est devenu une activité florissante. Des filles perdues qui rêvent d'ascension sociale se voient en nouvelle Zahia et sont récupérées par des caïds qui ont flairé le nouveau filon. Enquête sur ces jeunes proxénètes et "leurs filles" pour la plupart mineures.

La promesse d'argent facile et une image glamourisée de la prostitution… "Il y a beaucoup de jeunes filles qui disent 'moi je ne suis pas prostituée, je suis escorte'", explique Maître Vanina Méplain. Jean-Marc Droguet, à la tête d'un service d'enquête spécialisé, lui, évoque "des petits caïds reconvertis en proxénètes amateurs mais dont les bénéfices peuvent atteindre des sommes avoisinant par mois entre 10.000 et 15.000 euros". 

Cette nouvelle forme d'exploitation sexuelle prospère hors des réseaux de prostitution internationaux. Nous avons rencontré une jeune femme, que nous appellerons Maya, dont le calvaire a commencé à ses 18 ans. En rupture avec sa famille, elle nous raconte comment, elle est tombée dans les griffes d'un proxénète. 

"On s'est retrouvés dans un hôtel il y avait moi et deux autres filles, on l'a rencontré il m'a dit que tout se passerait bien, qu'on aurait notre argent chaque semaine". Droguée, séquestrée, violée... Pendant 4 mois, la jeune femme tente de survivre dans cet enfer : "Il nous a menacé, si on ne faisait pas au moins 500 euros la journée on mangeait pas". Puis Maya parvient à s'enfuir. Aujourd’hui, elle garde encore des séquelles : "Je ne me regarde pas, j'ai honte de mon corps. C'est comme des cicatrices". 

" La cible, ce sont des filles âgées de 14 à 25 ans, souvent en difficulté"

Ces micros réseaux comme celui dans lequel s'est retrouvée Maya, sont longtemps restés sous le radar des autorités. Jean-Marc Droguet a vu le phénomène émerger il y a 5 ans. "En moyenne, c'est entre 5 et 7 personnes, ce sont des groupes criminels au départ des gens qui se connaissent qui sont des seconds couteaux de différents petits trafics et qui décident de recruter des filles". 

Il explique que "le recrutement se fait via les réseaux sociaux avec la promesse de s'enrichir rapidement. La cible, ce sont des filles âgées de 14 à 25 ans, souvent en difficulté". Puis, c'est toujours sur internet que les proxénètes proposent les charmes de leurs recrues. De 100 à 150 euros la passe, ce commerce illégal rapporte gros mais uniquement aux proxénètes. En moyenne, 1 million et demi d'euros par an selon les services de police. Les filles, elles, ne gagnent rien.

Les rencontres ont lieu, dans le secret d'appartements ou d'hôtels bon marché. Comme celui, situé, en bordure de voie rapide, où nous interrogeons le responsable : "Il y a eu des cas de prostitution dans votre établissement ? Oui, ça s'est passé au jour de l'an. Ils étaient trois, 2 garçons et une fille". 

En 2015, 21 dossiers de ce type ont été recensés. Leur nombre dépasserait à présent la centaine. 

Source : huffingtonpost, 20minutes, marieclaire, BFM TV, rtl ,daté de 2018/2019

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Commentaires (1)

1. Fabienne 22/12/2018

Et oui, il faut veiller au grain... Sur notre jeunesse... Une jeunesse qu'ils se doivent de passer... En passant par briser des interdits ... Il faut tout simplement beaucoup communiquer

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